Composée d'un morceau de cuir découpé, teint en bleu, enroulé sur lui-même pour prendre la forme d'un cylindre fermé, cousu, la trousse ne porte plus en elle qu'un vague souvenir de l'animal, vache ou autre, dont elle est issue.

Munie d'un fermoir bloqué par un crayon aussi bleu qu'elle et qui semble destiné à cet usage plus qu'à l'écriture ou au dessin, elle fait naître la curiosité.

Paquet cadeau, coffre au trésor, que peut bien refermé cette boite qui nous est refusé ? Un parchemin, un parapluie, un papyrus ? Une déclaration d'amour, de guerre ou de paix ? Un message mystérieux et codé à transporter au loin, destiné à être donné ou volé ? Rien du tout ?

Un trésor de possibilités se cache dans cet objet qui, tant qu'il reste fermé, éveille une curiosité qui serait peut-être bien déçue si le cylindre était ouvert et son contenu révélé aux yeux du monde.

Sa légèreté permet de l'emporter partout, glissé dans une main ou une poche. Douce au toucher, d'une jolie couleur bleue, il n'y aurait rien d'autre à ajouter s'il n'y avait cette odeur de cuir, animale, qui pique les narines et vous rappelle qu'autrefois cet objet fut quelque chose de vivant.

Mais l'histoire ne dit pas ce qu'il adviendra de la boîte quand le crayon, usé, taillé, sera devenu trop petit pour la fermer, ou même s'il venait à être perdu ou volé.