Il y a trop de soleil

Et puis tout ce bleu qui m’éblouit et semble déborder du ciel.

Il y a un trou dans la chaussée avec des barrières autour

Et puis un drôle de troll endormi tout au fond.

Il y a une femme blonde qui écrit, assise sur un muret,

Et puis des voitures qui la regardent fixement.

Il y a des maisons abandonnées au coin de la rue avec des planches sur les volets et les fenêtres du rez-de-chaussée

Et puis des fantômes à l’étage qui regardent dehors avec ennui.

Il y a des bruits de moteurs et des cris d’oiseaux

Et puis le silence qui se glisse parfois au milieu du boucan.

Il y a des boîtes aux lettres sagement alignées

Et puis des lettres à l’intérieur qui grattent parce qu’elles ont hâte d’être lues.

Il y a gens qui parlent en marchant

Et puis la rue qui les écoute pour retenir leurs mots.

Il y a une peluche en forme de tigre blanc

Et puis une paire de collants qui rampe sur le sol et se prend pour un serpent.

Il y a un volet à moitié ouvert qui gêne le passage

Et puis moi qui doit le contourner sans le toucher au cas où il mordrait.

Il y a d’autres volets qu’on ouvre

Et puis des bras sans corps qui apparaissent et disparaissent très vite dans la maison.

Il y a un bonbon sur le sol ainsi qu’un sachet de boulangerie

Et puis des souvenirs d’enfance qui se promènent entre les deux.

Il y a le facteur qui descend de sa voiture jaune

Et puis qui ouvre une boîte mystérieuse pour y cacher son trésor.

Il y a une porte qu’on verrouille ou qu’on déverrouille

Et puis cette robe de chambre derrière la porte vitrée qui doit être celle d’une fée ou d’une poupée.

Il y a des nids de poules

Et puis ces monstres étranges que personne ne voit jamais et qui sortent la nuit pour se nourrir de bitume à la lumière des étoiles.