C’est le silence qui me tue.

J’ai encore ce violon dans la tête.

Siffle, siffle le bateau pour New-York.

J’ai pas envie d’écrire, seulement de m’barrer.

Le bateau partira sans moi ; le bateau partira très loin.

Je suis au fond du trou.

Danse le violon dans ma tête. Dansent les mots, dansent les fous.

Mais le bateau coule et moi, je touche le fond.

Violence, violon, écho.

Je ne voulais pas écrire tous ces mots.

Qu’importe le silence, qu’importent les mots.

Le violon est toujours là et les danseurs continuent de tourner.

Le bateau siffle au fond de l’eau.

Il est urgent de vivre.

Au fond de la cale, on ne voit pas le ciel, on ne voit pas l’eau.

Fume, fume, fume.

Ça fume dans ma tête et ça fume sous l’eau.

le violon est parti ; le silence règne en maître.

Comment écrire sur la musique quand elle n’est plus qu’un lointain écho ?

Je ne voulais pas écrire tous ces mots ; seulement prendre le bateau.

Écrire, c’est céder, parfois.

Écrire, c’est mourir un peu.

Pourquoi les bateaux partent toujours sans moi ?

Un violon dans le silence ; un violon qui n’a plus de cordes.

Le violon s’est brisé à mes pieds.

Ne restent que le silence et tous mes mots, mes maux éparpillés comme des échos.